L'équilibre entre le présent et le futur : sacrifice ou stratégie ?
Comment cesser de se préparer à une retraite de subsistance pour la concevoir vraiment. Yeny décortique les avantages d'employeur québécois qui font tout le travail en silence.
Par Yeny · Cofondatrice d'AuraPlan

Vous êtes-vous déjà demandé s'il fallait sacrifier votre « moi » d'aujourd'hui pour que votre « moi » de demain se porte bien ? Une célèbre expérience psychologique suggère que l'enfant capable de retarder sa gratification, ne pas manger un bonbon tout de suite pour en recevoir deux plus tard, développera la patience et la discipline nécessaires au succès. En finances personnelles, la logique est la même. Pourtant, trouver l'équilibre entre profiter du moment présent et assurer son avenir est un art que peu de gens maîtrisent. Aujourd'hui, explorons comment passer de la peur du manque à la sécurité d'une vie épanouie.
La différence entre « le minimum » et « le meilleur »
Lors d'une discussion avec des amis proches qui frôlent la cinquantaine, le sujet de la retraite s'est invité à table. Avec fierté, ils nous ont partagé leur vision et leur stratégie : ils avaient acheté une maison modeste pour éliminer les frais de loyer et s'entraînaient à vivre avec le strict minimum. Leur plan consistait à cotiser le strict nécessaire pour s'ajuster à une retraite de subsistance, limitant ainsi leur avenir à un mode de vie minimaliste.
Pendant qu'ils parlaient, j'ai réfléchi à la fragilité de cette « sécurité ». On ne peut prédire une catastrophe naturelle ou un conflit géopolitique qui affecterait une propriété physique. Mon époux, avec une vision différente, est intervenu : « Je ne veux pas me préparer à vivre avec le minimum ; je veux me préparer à vivre une bonne vie, égale ou supérieure à celle que j'ai aujourd'hui. » Cette phrase a changé l'angle de la conversation :
La retraite ne doit pas être un retrait de la qualité de vie, mais la continuation de nos succès.
La réalité statistique au Québec
Malgré cet idéal, les chiffres dans notre province sont alarmants. Environ 35 % à 40 % des Québécois n'ont pas de plan d'investissement formel pour leur retraite. Selon le Sondage sur la planification financière de la retraite de Retraite Québec (2024-2025), une grande partie de la population compte presque exclusivement sur les régimes publics. Pire encore, des données du début de 2025 indiquent qu'une personne sur dix affirme ne pas pouvoir cotiser à un REER ou à un CELI parce que son budget mensuel est dévoré par les dépenses courantes.
La mentalité du « café chaud »
Je me souviens de mon passage au Centre des femmes de Montréal. Là-bas, en plus de participer aux ateliers, je m'occupais de la gestion du café. J'observais quel était le moment propice pour collecter les contributions et acheter un nouveau sac avant que l'ancien ne soit vide. À la fin du module, l'animatrice m'a dit une chose révélatrice :
Tu as une capacité de planification que peu de gens possèdent : tu n'attends pas que le café manque pour agir ; tu fais en sorte que la cafetière soit toujours chaude pour tout le monde.
Cela m'a intriguée : pourquoi attendrait-on de manquer de « café » (ou d'économies) pour agir ? Au fil des ans, j'ai observé des comportements économiques où l'avenir semble inexistant : des gens qui ne cotisent pas au REER, qui ignorent les études de leurs enfants malgré des stratégies comme le REEE (Régime enregistré d'épargne-études), ou qui paient des fortunes en intérêts parce qu'ils ne paient pas leurs dettes à temps. J'ai compris que, pour plusieurs, l'avenir semble si lointain que leur champ de vision se referme complètement sur l'instant présent.
Le mur du court-termisme
Obsédée par l'idée d'aider les personnes vivant uniquement dans le présent, j'ai tenté d'encourager l'épargne par des stratégies pratiques (programmes de points, coupons, magasinage d'assurances), mais la réponse fut nulle. J'ai alors envisagé de créer un outil de gestion de dettes, mais des spécialistes m'ont prévenue : pour ceux qui croulent sous l'endettement, regarder leur réalité financière est souvent une expérience paralysante. Cette leçon fut vitale pour comprendre que la pensée stratégique nécessite une maturité et une stabilité émotionnelle sans lesquelles il est presque impossible de lever les yeux au-delà du court terme.
Les outils des « emplois de rêve »
Bien qu'un bon salaire aide, la véritable maîtrise financière réside dans l'utilisation des avantages sociaux offerts par l'employeur. J'entends souvent des employés dire qu'ils ne comprennent pas leur talon de paie et qu'ils se contentent de le classer. Pourtant, derrière ces chiffres se cachent de puissants leviers de retraite conçus pour faire fructifier votre argent grâce aux cotisations de l'employeur et aux déductions fiscales :
- RPA (Régime de retraite agréé) : Le régime le plus robuste. Dans le secteur public québécois, on distingue la prestation déterminée (PD), où vous savez exactement ce que vous recevrez par mois, et la cotisation déterminée (CD), où vous cotisez aujourd'hui et le résultat final dépendra du marché.
- REER collectif : Ici, la vedette est la cotisation de l'employeur (le fameux matching). Mon époux en a profité au maximum : il cotisait le pourcentage exact pour déclencher la contribution de l'entreprise, permettant au capital de croître avec cet « argent jumelé » jusqu'à la limite permise par l'ARC. Le plus grand avantage ? La propriété immédiate ; contrairement à d'autres régimes, cet argent vous appartient légalement dès le premier jour.
- RPDB (Régime de participation différée aux bénéfices) : Littéralement, de l'argent gratuit. Si votre entreprise l'offre, votre priorité absolue doit être de maximiser cette cotisation. L'argent est bloqué jusqu'à votre départ de l'entreprise.
- RVER (Régime volontaire d'épargne-retraite) : L'option par défaut au Québec pour les entreprises de plus de 10 employés qui n'offrent pas d'autre régime. Obligatoire pour l'employeur, volontaire pour l'employé.
Au-delà de la retraite : le potentiel des actions
Les régimes d'achat d'actions sont des avantages stratégiques que tout professionnel devrait considérer. Ils ne sont pas soumis aux blocages des régimes de retraite traditionnels, ce qui leur confère une flexibilité idéale pour bâtir un patrimoine solide et accessible. Voici les deux grandes catégories à connaître :
- Régime d'achat d'actions : Permet d'acheter des actions de votre entreprise avec un rabais. J'ai vu mon époux en profiter : il décidait du montant à acquérir, achetait à prix réduit et revendait au prix du marché après la période de détention prévue.
- Options d'achat d'actions (stock options) : Imaginez qu'on vous accorde 1 000 actions à 10 $ (prix gelé). Si dans quatre ans elles valent 50 $, vous aurez réalisé un gain de 40 000 $ simplement en exerçant votre droit d'achat.
Astuce d'or : Pensez au REER au profit du conjoint. Si l'un des deux gagne beaucoup plus, il peut cotiser au régime de l'autre pour réduire sa facture fiscale aujourd'hui et équilibrer les revenus du couple demain.
Concevoir une vie d'abondance
L'équilibre entre le présent et le futur n'a pas à être un jeu à somme nulle où l'un perd ce que l'autre gagne. En vous éduquant sur les outils que le Québec et votre employeur mettent à votre disposition, vous cessez de « survivre avec le minimum » pour commencer à concevoir une vie d'abondance. Ne remettez pas votre avenir à plus tard ; bâtissez la vie que vous voulez vraiment.
Assurez-vous que le café de votre avenir soit toujours chaud. Ne laissez pas le hasard décider de votre lendemain. Chez AuraPlan, nous vous aidons à décoder vos avantages individuels et à tracer une stratégie fiscale qui maximise chaque dollar.
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