Le casse-tête de la retraite au Québec : bâtissons-nous un objectif ou un labyrinthe ?
Un emploi temporaire m'a ouvert les yeux sur la retraite au Québec. Yeny décortique PSV, RRQ, REER, CELI et CELIAPP, pièce par pièce.
Par Yeny · Cofondatrice d'AuraPlan

Nous marchons dans les rues de Québec, de Montréal ou de Lévis, convaincus que le temps est une ressource inépuisable. Nous planifions nos fins de semaine, nos prochaines vacances d'été ou l'achat d'une nouvelle voiture, mais nous laissons souvent la fin de la toile en blanc. Nous croyons que la retraite est un objectif si lointain qu'il se débloquera automatiquement à 60 ou 65 ans, comme si le gouvernement avait déjà toutes les pièces prêtes pour nous. La réalité dans les allées des magasins, des restaurants, des usines et des entrepôts raconte une tout autre histoire. Voici comment un emploi temporaire m'a ouvert les yeux sur l'urgence de planifier ma retraite et comment j'ai découvert que, sur l'échiquier financier québécois et canadien, chaque pièce compte.
L'éveil : des visages derrière le comptoir
Il y a quelque temps, au début de la trentaine, j'ai déniché un emploi dans le secteur des inventaires. J'ai été profondément frappée par le nombre de personnes retraitées qui y travaillaient. Elles représentaient plus de la moitié du personnel, avec des âges allant de 60 à plus de 80 ans. Mille questions me venaient à l'esprit : travaillaient-elles par plaisir, pour rester actives, ou n'étaient-elles simplement pas aussi âgées qu'elles le paraissaient ? Je n'aurais jamais imaginé qu'il s'agissait de personnes ayant déjà officiellement commencé leur retraite.
Pendant les pauses dîner, le sujet a fait surface. Une collègue qui vendait aussi de l'assurance a été catégorique :
Il est crucial de cotiser à son REER dès maintenant. Sinon, on finira comme ces personnes, pour qui la rente du Québec ne suffit pas et qui doivent travailler pour joindre les deux bouts.
J'ai remarqué que l'entreprise leur accordait la priorité pour faire 20 heures par semaine. Or, 20 heures au salaire minimum couvrent à peine l'essentiel ; dans une ville aussi coûteuse que Montréal, voir cette lutte quotidienne était une réalité de retraite désolante. J'ai enfin compris que de plus en plus de gens retournent sur le marché du travail, non pas par passe-temps, mais parce que les chiffres, tout simplement, ne balancent pas.
Un système complexe : à la recherche des pièces manquantes
Dans ma jeunesse, le concept de retraite ne cliquait pas vraiment. Je supposais que je serais toujours forte ou que, si je devenais invalide, le gouvernement me donnerait une aide de dernier recours. Voir ces aînés soulever des charges lourdes et respecter des horaires épuisants m'a fait heurter de plein fouet mon propre avenir. À cet âge, je veux travailler par choix et non par nécessité. Je veux être sur une plage des Caraïbes, pas dans un entrepôt.
En faisant mes recherches, j'ai découvert un système complexe divisé en quatre grandes catégories :
- Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV) : un paiement mensuel de base à partir de 65 ans. Le montant est si minime qu'il suffirait à peine à payer le chauffage en hiver.
- Régime de rentes du Québec (RRQ) : la pièce à laquelle je repense avec le plus d'inquiétude. Les années où, à cause de mes études et d'une maladie grave, mes revenus n'ont pas dépassé le seuil d'exemption, je n'ai rien cotisé. Ne pas avoir atteint le minimum requis pour contribuer au régime public est une chose que je regrette profondément aujourd'hui.
- Épargne personnelle (REER et CELI) : comptes enregistrés dont on entend constamment parler dans les publicités, mais que beaucoup de gens ignorent. À ce stade, un doute persistant m'a envahie : qu'arrivera-t-il de toutes ces années où je n'ai rien épargné ? Un conseil : si vous êtes aujourd'hui dans un palier d'imposition élevé au Québec, le meilleur coup que vous puissiez faire est de cotiser à votre REER.
- Revenus imposables : la dernière pièce. Ayant été employée de la fonction publique de façon temporaire, j'avais demandé à l'époque le remboursement de mes cotisations. Cet argent n'était donc plus là pour mon avenir.
Le CELIAPP : le joker financier
Plus tard, mon mari et moi avons décidé d'acheter notre première maison. C'est alors que nous avons découvert le CELIAPP, le Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première habitation. Au début, je pensais qu'il ne servait que pour l'immobilier, mais j'ai découvert une chose incroyable : si vous décidez de ne pas acheter, ces fonds peuvent être transférés directement vers votre REER, sans perdre les avantages fiscaux. L'épargne pour une première propriété pourrait être, en réalité, le joker secret qui sécurise votre retraite si vos plans changent.
Un conseil clé sur le CELIAPP : il n'est pas nécessaire de disposer d'un capital initial important pour l'activer. En l'ouvrant cette année, même avec un montant symbolique, vous permettez à vos droits de cotisation de commencer à s'accumuler. Vous sécurisez ainsi cet espace fiscal pour l'avenir, même si vous n'avez pas l'argent pour cotiser aujourd'hui.
Toute cette information a transformé la retraite en un véritable casse-tête : fragmenté, mais complémentaire. Les bords du casse-tête sont les pensions gouvernementales ; le centre est constitué de notre épargne personnelle, REER et CELI. Comme tout bon casse-tête, le réussir demande de la patience et une vision claire.
Bâtissons-nous notre avenir avec la patience de celui qui unit des pièces avec intention, ou attendons-nous simplement que le hasard complète l'image pour nous ?
Quand le temps ne pardonne pas
Une expérience vécue de près a fini de me convaincre. Nous avons accompagné des amis pour visiter une propriété vendue par un couple de personnes âgées. Elles voulaient vendre pour pouvoir se payer une place en résidence pour aînés. Le regard triste et éteint du propriétaire m'a brisé le cœur. Devoir vendre ce qu'on a mis des décennies à bâtir parce qu'on ne peut plus assumer l'entretien de sa maison ni de sa propre vie est une réalité que personne ne devrait affronter. Ces personnes n'ont pas travaillé pour être maîtres de leur avenir ; elles ont plutôt travaillé pour transformer les sacrifices de toute une vie en monnaie d'échange pour leur vieillesse.
Face à ces situations, nous avons engagé un conseiller financier. L'expérience, bien qu'enrichissante, a été frustrante. Non seulement c'était coûteux, avec des honoraires exigés d'avance, mais nos rendez-vous étaient constamment déplacés. À l'ère de l'intelligence artificielle, le savoir expert ne devrait plus être sous clé. Toute cette expertise que nous payons aujourd'hui à prix fort devrait être entre nos mains, sans rendez-vous annulés et à portée de clic.
Donnez une image à votre casse-tête
Tout casse-tête a besoin d'une image finale sur la boîte pour servir de guide ; sans elle, le processus est chaotique. C'est pourquoi je vous invite aujourd'hui à vous préparer intelligemment. Ne laissez pas votre avenir au hasard.
Face à cette réalité, nous avons décidé de marquer un point d'inflexion avec le lancement d'AuraPlan.ca. Notre mission est de simplifier la planification de la retraite au Québec grâce à une plateforme qui transforme un processus complexe en une expérience claire, accessible et transparente. Inscrivez-vous à notre liste d'attente et décidez par vous-même si l'avenir que nous bâtissons est fait pour vous. Après tout, pourquoi la tranquillité financière serait-elle le privilège de quelques-uns, alors que la technologie permet déjà de mettre le savoir des experts à la portée de tous ?
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